La SNCF a un train de retard

Mon grand père m'a toujours dit : "Quand on est pas content de quelque chose il faut le faire soi-même. C'est l'histoire originelle de Raildar.fr, petit site imaginé et développé par Turblog. Le principe est simple, assembler les données en temps réel d'Infolignes pour en faire une carte.

Un principe simple, trop simple, qui se montre diablement efficace au fil du temps. La carte se met à jour en temps réel et les trains apparaissent en vert, orange, rouge ou noir suivant si ils sont à l'heure en retard ou supprimé.

raildar.jpg

Un projet qu'une SSII aurait facturé des millions d'euros quand un homme seul a pu mener ce projet à bout. Ce projet a été dénigré par la SNCF avant d'être encensé dans la magie de l'Open Data ou plutôt de l'Open Washing.

Car la joie a été de courte durée. La SNCF vient de bloquer toutes les requêtes et toutes les IP de Raildar vers ses serveurs. La carte se trouve ainsi vidée de ses données, et plus rien ne s'affiche.

La seule question qui vient alors à l'esprit est la suivante : Pourquoi ? Pourquoi avoir cassé sans prévenir quelque chose qui fonctionnait ?

Plusieurs réponses peuvent être apportées et je pense qu'elles sont toutes correctes à un certain degré. Bien sûr, ce ne sont que des suppositions, je pense et j'espère me tromper, mais ne soyons pas naïfs.

1°) L'incompétence : en effet pourquoi s'embêter à penser à des projets tiers quand on maintient le sien ? Le site extérieur mange des ressources et ne rapporte rien, pourquoi le laisser continuer ? Se rappeler que l'on parle ici d'une entreprise publique de service public qui ne dispose d'aucun équivalent à l'heure actuelle, aide à répondre à la question.

2°) La jalousie : La SNCF a sorti sa propre application de carte, beaucoup moins belle,moins fonctionnelle, et surtout sans les retards (lol).

(article : "La SNCF publie enfin la géolocalisation de ses trains")

3°) Les retards : utilisant les données brutes non corrigées, la carte avait le fâcheux défaut de montrer l'état du trafic dans sa vérité la plus pure. La SNCF préfère en effet présenter des données corrigées, et expurgées de tous les retards dont elle n'est pas directement responsable.

point_chaud_des_retards.png

(Points chaud des retards selon Raildar)

4°) L'argent : En effet la SNCF a prévu de monnayer l'accès à ses données, ce qui est d'ailleurs contraire aux principes de l'Open Data dont elle se réclame régulièrement. Raildar étant un gros consommateur de données en temps réel serait obligé de passer à la caisse pour continuer de fonctionner.

(article : "La SNCF veut vendre ses données")

Bref, la SNCF a montré qu'elle avait un train de retard en matière de numérique. A l'heure de la #FrenchTech et des incubateurs de startup, il est dommage de voir une entreprise publique française avancer dans le mauvais sens.

EDIT du 16 juin : Comme je le pressentais il s'agissait bien d'un problème d'argent. Loin de la politique affichée d'Open Data, la SNCF veut faire payer l'accès à ses données au delà d'un certain seuil. Raildar fonctionnant en temps-réel, il est très gourmand en requête, et donc serait soumis à facturation.

Au final la double faute de la SNCF est de saboter un projet indépendant pour quelques dollars de plus, mais aussi de faire de l' "Open-washing" prétendant faire de l'Open Data alors qu'elle fait payer l'accès à ses données.

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